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États-Unis : Meta devant la justice fédérale pour le caractère addictif de ses applications

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Meta, maison mère de Facebook et d’Instagram, fait face à un nouveau procès pour avoir conçu des applications addictives pour les jeunes. (Photo d’illustration)

Meta, maison mère de Facebook et d’Instagram, comparaît une nouvelle fois devant la justice américaine ce mercredi 12 août. Le groupe est accusé d’avoir délibérément conçu ses réseaux sociaux pour les rendre addictifs, notamment auprès des jeunes. Il encourt, en théorie, une sanction pouvant atteindre 1 400 milliards de dollars, soit un montant proche de sa capitalisation boursière.

En moins d’un mois, Meta se retrouve ainsi pour la deuxième fois sur le banc des accusés. Mais cette fois, la procédure se déroule devant un tribunal fédéral, une première pour le géant américain.

Le procès s’ouvre ce mercredi 12 août avec la sélection du jury. Celui-ci n’aura toutefois qu’un rôle consultatif, la juge Yvonne Gonzalez Rogers étant chargée de déterminer les éventuelles pénalités et mesures correctives. Les débats débuteront le 18 août et devraient s’étendre sur six semaines. Le témoignage du patron de Meta, Mark Zuckerberg, est particulièrement attendu, selon la correspondante de RFI.

Cette procédure est l’aboutissement de plusieurs années d’enquêtes menées après les révélations d’une ancienne employée de Meta, Frances Haugen. Celle-ci avait fait fuiter des milliers de documents internes, connus sous le nom de « Facebook Files », révélant notamment que l’entreprise était bien au courant des effets néfastes et des risques de ses réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents, tout en contestant publiquement cette réalité.

Le procès, intenté par les procureurs généraux de la Californie, du Colorado, du Kentucky et du New Jersey, n’est pas le premier engagé contre Meta sur cette question. Les plaignants accusent le groupe d’avoir enfreint leurs lois de protection des consommateurs et une loi fédérale sur les données des enfants, la COPPA. Ils lui reprochent notamment d’avoir intégré des fonctionnalités destinées à retenir les mineurs, telles que le défilement infini, les notifications nocturnes et les likes. Ce sont donc les mécanismes de conception des applications qui sont mis en cause, et non les contenus qui y sont publiés.

Meta devrait faire valoir que la santé des jeunes ne saurait être imputée à une seule application et que l’« usage problématique » des réseaux sociaux ne constitue pas une addiction reconnue sur le plan médical.

La maison mère de Facebook et d’Instagram a déjà été condamnée dans des affaires similaires. La semaine dernière, un tribunal du Nouveau-Mexique a ordonné à Meta de verser 567 millions de dollars et de modifier le fonctionnement de ses plateformes pour les utilisateurs mineurs dans cet État, estimant que le groupe technologique avait porté atteinte à la santé mentale des jeunes.

En mars 2026, un jury de Los Angeles avait également, pour la première fois, jugé Meta et YouTube responsables des effets de l’addiction à leurs plateformes sur une adolescente. Mark Zuckerberg avait lui aussi été appelé à témoigner lors de ce procès.

Cette fois, toutefois, les enjeux sont considérables. Les procureurs réclament 1 400 milliards de dollars, soit l’équivalent de la capitalisation boursière de Meta. Le groupe fait en outre face à des milliers d’autres procédures similaires. Le verdict de ce procès est attendu au début du mois d’octobre 2026.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV